A l'école des comédies musicales

Par Augustin Arrivé / le 02 décembre 2013
A l'école des comédies musicales
"La Belle et la Bête" à Mogador, "My Fair Lady" au Châtelet... les comédies musicales sont partout et de nouvelles écoles spécialisées forment les compagnies de demain. Combien d'élèves atteindront Broadway ?

 

Augustin Arrivé, de la rédac' du Mouv', a enfilé son costume de lumière pour suivre un cours à l'EPCM. Reportage en cliquant ci-dessous :

 

Dès jeudi, le public parisien pourra redécouvrir au théâtre du Châtelet un grand classique du musical : My Fair Lady, mis en scène par Robert Carsen, immortalisé au cinéma par Audrey Hepburn. Les comédies musicales sont à la mode, ce n'est rien de le dire : La Belle et la Bête, Robin des Bois, 1789... L'offre est pléthorique et tout le monde s'y met, jusqu'à Roman Polansky qui travaille sur une adaptation de son Bal des Vampires pour la rentrée prochaine.

 

Forcément, ce succès donne envie de se lancer. Une nouvelle génération de talents est en train de naître. Ils espèrent percer, il n'y aura pas de place pour tout le monde. Pour être les meilleurs, ils veulent maîtriser toutes les disciplines : le chant, la danse, le théâtre, alors ils s'inscrivent dans des écoles de comédies musicales. Oui, ça existe, ça pousse même comme des champignons.

 

Mélodie Molinaro en plein solo, sous le regard de son professeur, Christine Flowers © A. Arrivé, Le Mouv'

 

L'EPCM, l'école professionnelle de comédie musicale, a ouvert en septembre. 27 heures par semaine dans des studios de danse flambant neuf, près de l'Opéra Garnier, à Paris. Christine Flowers y dispense des leçons de chant anglophone pour la première promo, douze élèves entre 18 et 33 ans.

 

Elle sait de quoi elle parle : "J'ai commencé à Nashville, j'ai une expérience de Broadway, puis j'ai fait des shows à Londres. Je suis professeur depuis seulement deux ans, mais je reste chanteuse professionnelle, davantage orientée jazz." Une jeune femme se lance a cappella, un brin trop fort, l'enseignante la recadre : "whisper it". A une autre, elle conseille d'accompagner la note vers le public. Le chant, sur ce type de spectacle, est aussi affaire de gestuelle.

 

Elliott face à ses camarades de la toute première promo de l'EPCM © Augustin Arrivé, Le Mouv'

 

Amélie Hennes a fait dix ans de théâtre. Elle a même une compagnie depuis deux ans, mais elle voulait se perfectionner en danse. "ll n'y a pas de compétition entre nous. Ceux qui sont danseurs au départ aident ceux qui ne le sont pas, moi je donne des conseils de théâtres, c'est très enrichissant."

 

Mélodie Molinaro, au contraire, chante depuis toute petite mais veut améliorer son jeu. "Sans vouloir cracher sur les productions françaises, j'ai quand même l'impression qu'elles mettent les gens dans des cases. On est soit chanteur, soit danseur, soit comédien. L'artiste pluridisciplinaire, à l'américaine, ce n'est pas encore entré dans les moeurs."

 

Ils savent ce qui les attend. Christine Flowers ne leur cache pas la réalité du marché : "Il y a de plus en plus de prétendants. Le milieu arrive à saturation. Si on n'est pas prêt à se donner à 500% tout le temps, ça ne sert à rien de se lancer. C'est un métier très dur." A 4.800€ l'année, c'est un sacré pari. Mais si même sur une scène de théâtre, on n'a plus le droit de rêver...

 

Réécoutez notre matinale spéciale consacrée à la comédie musicale, avec Jean-Luc Choplin, directeur du Châtelet. C'est par ici.

Dans un autre genre, Gunther Love et ses Airnadettes proposent aussi leur musical. C'est à l'Européen, et c'est par.

 

Par Augustin Arrivé / le 02 décembre 2013

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