À Istanbul, le 1er squat de Turquie ferme ses portes

/ le 12 novembre 2015
A Istanbul, le 1er squat de Turquie ferme ses portes
Il était occupé par des artistes qui en avaient fait un lieu culturel et d’échanges après les mouvements de protestation de 2013. Le 1er squat de Turquie « Don Kişot » à Istanbul n’existe plus.

Pour le trouver il faut se rendre sur la rive asiatique à Kadiköy et se rendre au numéro 83 de la rue Uzun Hafiz. Le squat n'est pas difficile à trouver, c'est un petit bâtiment de trois étages. Sur la facade il y a des graffitis partout et un grand filet noir qui tombe sur les fenêtres condamnées. Deniz Beşer est un artiste. C’est lui qui a ouvert  «  Don Quichotte » avec des amis.

A l'intérieur il y avait écrit "Welcome" en graffiti. Au deuxième étage il y avait une des plus grandes fresques du squat au mur et au troisième des gens s'étaient installés mais la mairie les a foutu dehors 


 

Deniz Beşer, l'artiste a ouvert le squat « Don Kişot » à Istanbul en 2013, par Farida Nouar

 

L’expulsion a eu lieu juste après les élections législatives. Ce n’était pas une décision politique. En fait le propriétaire sorti de prison voulait récupérer le bâtiment. C'était le 1er squat de Turquie occupé juste après le mouvement de protestation du parc Gezi en 2013.   

On avait besoin d'un espace alternatif pour imaginer des idées alternatives. On a organisé des festivals d'art indépendants, des concerts c'était un endroit parfait pour se rencontrer. Il y avait aussi des SDF et des réfugiés. C'est pour ca que ce qui se passe nous affecte autant


 

Un des facades du squat « Don Kişot » à Istanbul, par Farida Nouar

 

En Turquie, il est devenu difficile de contester le pouvoir en place. Les procès pour insultes se multiplient, il y a la censure aussi. Pour un artiste exprimer sa créativité devient problématique.

J'allais inaugurer une de mes expositions et l'organisateur m'a dit "Hey ! Tu devrais censurer une partie de ta vidéo parce que tu te moques du président. Et je l'ai fait. Il  y a toujours eu de la censure dans le milieu artistique et c'est pourquoi ce squat était important. On est triste que ce soit la fin de Don Quichotte mais cet esprit de liberté ne mourra jamais


 

Une des facades du squat « Don Kişot » à Istanbul, par Farida Nouar


La preuve un nouvel endroit va peut être ouvrir prochainement prés de la place Taksim.

Par Farida Nouar 

 

/ le 12 novembre 2015

Commentaires