50 Cent : sa lettre émouvante... à lui-même

Par Erika / le 04 novembre 2015
50 Cent : sa lettre émouvante... à lui-même
Dans sa lettre, le rappeur se confie sur la relation qu'il avait avec sa grand-mère, ses regrets, le moment qui a changé sa vie, mais aussi, sur les conseils qu'il aurait voulu donner à son moi adolescent. Retour sur ses déclarations.

L'épistolaire revient à la mode, chez les rappeurs.

On ne compte plus les récentes publications, qui tour à tour alimentent le mythe autour des idoles, ou les désacralisent. Quand Eminem ou Kendrick Lamar diffusaient leur lettre à 2pac, côté français, Jarod s'adressait également à Booba et lui témoignait son admiration.

Mais parmi toutes les déclarations enflammées ou autres révélations savamment médiatisées, 50 Cent marque le coup avec un nouveau genre : la lettre à soi-même.

 

La lettre de 50 Cent (traduite de l'anglais)

J’étais tétanisé lorsqu’on a diagnostiqué un cancer à ma grand-mère. Ma tante m’appelait tout le temps pour me donner des nouvelles, et elle me disait toujours « Ne t’inquiète pas, elle va bien ». Je n’ai jamais raconté ça à personne mais il y a deux ans,  un jour où elle m’a appelé… c’était tôt le matin et je m’entraînais à la salle, je suis allé à l’hôpital et toute la famille était réunie. Ma tante m’a dit que le docteur l’avait informée qu’elle avait eu une crise cardiaque et qu’il n’y avait rien qu’ils puissent faire. Ils m’ont emmené la voir, et elle était si petite, je ne l’avais jamais vue comme ça. Je lui ai dit « Bonjour ? », j’ai vu ses yeux tressauter au son de ma voix, comme si elle essayait de voir où j’étais. Les autres ont quitté la pièce et j’ai pu lui parler un petit moment. Mais lorsqu’ils sont revenus, son cœur a commencé à ralentir. Ma tante m’a dit, merde, elle t’attendait. J’ai vu beaucoup de gens passer dans l’autre rive, je les ai perdus dans des accidents de la route, des règlements de compte, ou à cause de la drogue. Mais aucun de ces départs  ne m’a autant touché que celui de ma grand-mère. C’était l’amour de ma vie.


Si je pouvais parler à mon ancien moi, quand j’étais ado, je lui dirais de se concentrer plus intensément sur la musique. Il pourra toujours avoir une carrière sans passer par les épreuves que j’ai traversées. Concernant mes relations – je repense aux moments où j’étais avec quelqu’un, cette personne aurait pu être la femme de ma vie mais je n’avais pas encore tous les paramètres pour savoir qu’on avait quelque chose de spécial. C’est comme cette clairvoyance que j’avais au sujet de ma grand-mère, sur mon attachement pour elle, après qu’elle soit partie. Des gens ont fait mieux que moi sur ce coup. Quand  je regarde Jay-Z, je me rends compte qu’il a su capitaliser sur son entourage mieux que je ne l’ai jamais fait.


Si je pouvais remonter dans le temps, à n’importe quel moment, je retournerai au moment où les ventes de Get Rich or Die Tryin’ ont été anoncées, une semaine après la sortie de l'album. Je me souviens m’être assis à l’arrière du bus de la tournée, et je me suis juste dit « wow ».  Je n’arrivais pas à y croire. Quand j’ai vu les chiffres, j’ai su qu’à partir de ce moment, je n’aurai plus à attendre que quelqu’un d’autre me dise que ça allait. Je pouvais le dire moi-même. Mais j’ai aussi eu ce ressenti, cette confirmation, qu’enfin, je venais juste d’être pris dans une dynamique, on ne ressent ça qu’une fois. Je sais que plus jamais je ne ressentirai ça. Parce que tout allait changer.

Une lettre à retrouver dans sa version originale ici.

 


Crédit photo : Instagram

Par Erika / le 04 novembre 2015

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