48h de sexe non-stop et une vie foutue

Par Augustin Arrivé / le 29 octobre 2013
48h de sexe non-stop et une vie foutue
Une drogue proche de la cocaïne inonde le monde de la nuit, notamment en Languedoc-Roussillon. Il s'agit de la méphédrone, qui permet de se livrer à d'invraisemblables marathons sexuels (les "slams"). Les risques pour la santé sont immenses.

 

Clément Carpentier, de France Bleu Roussillon, a enquêté sur ce produit en vogue. Son reportage est à écouter ci-dessous :

 

Tapez dans votre moteur de recherche "achat néodove". Vous aurez l'embarras du choix. Des dizaines de sites proposent, sous ce pseudo, de la méphédrone moyennant des tarifs relativement bas mais sans aucune garantie de provenance. De toute façon, la méphédrone est interdite dans l'ensemble de l'Union Européenne depuis décembre 2010.

 

Internet, supermarché des drogues illégales (capture d'écran)

 

Ca ressemble à de la cocaïne, ça n'en est pas. Fabriquée à partir d'une forme synthétique du khat, elle se mélange avec de l'eau et s'injecte en intra-veineuse. L'effet est immédiat : il permet aux hommes de se maintenir en érection pendant de longues heures, l'objectif étant de s'adonner à des week-ends orgiaques. En reprenant une dose toutes les cinq heures, les consommateurs peuvent enchainer une trentaine de partenaires d'affilée. On a connu plus romantique, mais là n'est pas le problème.

 

Apparue d'abord au Royaume Uni, la méphédrone est impliquée dans des dizaines de décès suspects. Andrès Pedrero, de l'association Aides, qui lutte contre le SIDA, recense en moyenne trois soirées par an à Perpignan."Contrairement à d'autres drogues, celle-ci concerne plutôt des personnes bien insérées socialement."

 

Les seringues réutilisées peuvent transmettre le VIH © Thomas Bénech, RadioFrance

 

D'autres villes festives comme Montpellier sont également concernées. Le milieu gay est particulièrement touché. Les sensations de faim et de sommeil disparaissent. La dépendance s'installe, en même temps que des irritations. Et surtout la prise de produits s'accompagne souvent d'un comportement dangereux : sexe sans capote, seringues réutilisées et partenaires multiples qui développent les risques de MST.

 

Au C.H.U. de Perpignan, les médecins voient arriver une quarantaine de patients chaque année. Syphillis, hépatite C ou SIDA, c'est la loterie. Le nombre de nouveaux séropositifs dans la région repart à la hausse.

 

Par Augustin Arrivé / le 29 octobre 2013

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