40 ans plus tard, le syndrome mystère

Par Audrey Morellato / le 23 août 2013
40 ans plus tard, le syndrome mystère
Le 23 août 1973, quatre personnes sont prises en otages dans une banque de Stockholm. Très vite, elles vont protéger le ravisseur Jan-Erik Olsson face la police. Cette attitude sera baptisée plus tard "syndrome de Stockholm".

 

Vous en avez tous déjà entendu parler, dans un article de presse ou dans un film, peu importe. Mais à quoi correspond exactement ce syndrome ?

En fait, c'est un psychiatre américain, Frank Ochberg, qui invente le terme en 1978, quelques années après une prise d'otages dans la capitale suédoise. Pour lui, trois critères définissent l'individu atteint : d'abord, il doit ressentir de l'attachement (voire de l'amour) pour son ravisseur, que le ravisseur soit dans les mêmes dispositions et enfin qu'ensemble, ils affichent un mépris total pour le monde extérieur.

 

Jan-Erik Olsson, au moment de son interpellation à Stockholm, en 1973

 

Le 23 août 1973, un détenu en permission, Jan-Erik Olsson, entre dans un bureau de banque avec un pistolet automatique. Il décide de garder quatre employés en otage qui, sans raison apparente, se rangent progressivement de son côté. Leur attitude pèse tant dans les négociations que Jan-Erik Olsson obtient la libération de son compagnon de cellule, qui arrive en renfort après quelques jours.


La relation entre victimes et ravisseurs se transforme tellement que les otages refusent de quitter la banque pour rejoindre la police, en qui ils n'avaient pas confiance ! Il faut six jours pour faire sortir tout le monde. Plus tard, deux d'entre eux rendront visite à Jan-Erik Olsson en prison. 


      

Evidemment, le syndrome s'est retrouvé à de nombreuses reprises à l'écran. Dans Le monde ne suffit pas, Elektra King (Sophie Marceau) est atteinte du mystérieux syndrome après avoir été kidnappée par le terroriste Renard. Voilà pour le côté film d'action. 

En France, Francis Veber lui donne une tournure comique dans Les Fugitifs. François Pignon (Pierre Richard) est un bien piètre braqueur de banque et tout aussi mauvais ravisseur. Son otage, Jean Lucas (Gérard Depardieu), repris de justice, lui sert alors de guide dans le milieu criminel. 


Les Fugitifs, de Francis Veber © Gaumont, 1986.

 

Dix ans plus tard, dans Une vie moins ordinaire, de Danny Boyle, on ne sait plus vraiment qui de Cameron Diaz (la fille d'un PDG milliardaire) ou de Ewan McGregor (son kidnappeur, ancien employé du papa) est en fait le méchant...

 

Une vie moins ordinaire, réalisé par Danny Boyle © Figment Films, 1996

 

Enfin, sachez que le syndrome de Stockholm a un petit frère. Le syndrome de Lima, lui, désigne la sympathie du ravisseur envers ses victimes. Il a été baptisé en 1996, lors d'une autre prise d'otages... à Lima, au Pérou.


Par Audrey Morellato / le 23 août 2013

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