2005 : Clichy-sous-Bois, les émeutes, où étaient les filles ?

/ le 26 octobre 2015
Clichy -sous-Bois , 2005, les émeutes : ou étaient les filles ?
Le 27 octobre 2005. Zyed et Bouna, deux adolescents, mourraient électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois. Le soir même, des voitures sont incendiées, des voitures de police caillassées. S’en suivent trois semaines d’affrontements. Face aux forces de l’ordre : des jeunes, majoritairement des garçons. Mais où étaient les filles ?

Selma est une jolie jeune femme brune. Elle a aujourd’hui 22 ans. Elle en avait 12 lorsque les émeutes éclatent. A cette époque elle habitait la STAMU, un ensemble de 168 logements situés à côté du Chêne Pointu dans le Bas-Clichy. Elle était trop jeune pour sortir le soir et quand les affrontements éclatent, ses parents lui interdisent formellement de mettre le pied hors du domicile familial. De même pour sa sœur, un peu plus âgée et toutes les filles de la cité en général. Alors Selma regardait tout ce qui se passait par la fenêtre de l'appartement. Depuis le neuvième étage elle avait, dit-elle, « une vue panoramique » sur tout ce qui se passait.  

On n’avait pas le droit de sortir mais on avait autant envie que nos frères et nos amis d’être en bas. C’est vrai que ça nous faisait un peu peur mais c’était notre quartier. C’était impossible pour nous de rester sans rien faire alors on ouvrait les fenêtres et on leur donnait des indications, par exemple, quand ils étaient cachés derrière des camions et qu’ils ne voyaient rien on leur disait où était la police 


 

Comme les garçons, les filles voulaient elles aussi défendre leur territoire. Et quand elles ne criaient pas par la fenêtre, c’est dans les étages de la cité qu’elles agissaient : en rassurant les mamans.  

On s’appelait tous les uns les autres : si il y avait une maman qui ne voyait pas son fils à la maison, on essayait de savoir où il était, de le faire rentrer à la maison. Je me souviens de ma mère qui a fait une crise quand mon frère est sorti : mon père est descendu à la minute pour le récupérer. 


 

"Les émeutes c'était le seul moyen de se faire entendre ",  "Il a fallu tout faire péter pour exister". C'est ce que disaient les jeunes de Clichy en 2005. Et aujourd'hui est-ce que c'est encore le seul moyen ?

A l’époque oui mais aujourd’hui non. Clichy-sous-Bois a changé : il y a de grands projets de rénovations urbaines c’est vraiment plus comme avant


 

C’est vrai, mais Clichy - sous - Bois a encore des efforts à faire. Surtout en matière de transports. La ville reste enclavée. Il faut compter 1h30 pour venir jusqu’à Paris.

 

/ le 26 octobre 2015

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