15 soirées épiques de rappeurs pour enterrer 2015 pour de bon !

Par Yérim Sar / le 05 janvier 2016
15 soirées épiques de rappeurs pour enterrer 2015 pour de bon
Ça n'aura échappé à personne : c'est la rentrée de janvier. La reprise est parfois dure, certains n'ont toujours pas décuvé, et le fameux «t'as fait quoi toi pour le 31 ?» reste un des sujets de conversations privilégiés. L'occasion de vous offrir une petite sélection maison de plusieurs exemples de soirées épiques racontées par des rappeurs, de la réussite au fiasco assumé en passant par d'autres plus tragiques...

113 - Jackpotes 2000

Incontournable. Les moins jeunes ont d'ailleurs vu le 113 interpréter ce morceau en live à la fin d'une cérémonie des Victoires de la musique, rien que ça (quoique, seule la vidéo du live de Tonton du bled est aujourd'hui disponible donc le doute est là...). La prod du regretté DJ Mehdi remplit son office, et le son tout comme le clip restent à jamais liés au succès du groupe. Du coup, difficile de séparer le tout du côté symbolique : Jackpotes 2000, c'est la bonne humeur, les banlieusards qui s'incrustent dans le carré VIP duquel ils sont habituellement tricards, bref, un triomphe à petite échelle. Et évidemment de nombreux guests de la Mafia K'1fry dans la vidéo, parce que les amis c'est aussi ça.

 

 

Intouchables - En Soirée

Là, on est clairement chez les cassos. L'équipe du Val de Marne nous embarque avec elle pour une soirée en boîte qui est pour le coup un peu l'anti-Jackpotes 2000. Et tous ceux qui n'ont jamais été sur aucune liste reconnaîtront plusieurs détails qui ne trompent pas : l'entrée difficile, le mec qui ne veut pas payer le vestiaire, celui qui ne veut/ne sait pas danser, les potes qui embrouillent le videur, le retour en banlieue qui se transforme en course-poursuite parce que c'est la tradition, le malchanceux qui doit rentrer chez lui mais n'a pas ses clés et s'apprête à une confrontation épique avec la famille.... Comme le résume explicitement la fin du morceau, l'important, ça reste le divertissement malgré les embûches : « ce soir j'ai pas baisé, mais bon, je me suis amusé. »

 

Sheryo – X-story 

Un storytelling assez drôle auquel le rappeur du Blanc-Mesnil n'avait pas forcément habitué son public de l'époque. La crevardise reste le maître-mot, et cela à tous les niveaux : la façon de parler aux dames avec le romantique « ok je sais, j'suis qu'un obsédé, mais ton mec, c'est qu'un pauvre pédé », la bande de galériens qui comptent avant tout sur l'alcool et le shit pour passer un bon moment et bien sûr la confrontation toujours folklorique avec la police qui amène encore des moments inoubliables au troisième couplet.

 

Mo'vez lang – Qu'est-ce qui a un plan ?

Lâchés dans la nature en plein Boulogne, Lim, Boulox et Cens Nino cherchent chacun « un plan » pour leur soirée. Chacun est chanceux à sa façon : Boulox tombe sur une jeune fille alors qu'il cherche à s'incruster chez des bourges, Lim, fidèle à lui-même, fume et boit olus que de raison et Cens Nino apporte une sorte de morale à ce récit croisé en expliquant que dans le doute, il vaut mieux rester en terrain connu, en famille ou avec ses amis, et ne pas se prendre la tête. Un conseil que Lim aurait dû écouter dans le morceau Kidnapping qui décrit une soirée dégénérant dans les grandes largeurs puisque suite à une embrouille en boîte, l'heure est aux représailles. C'est aussi ça le perfectionnisme.

 

Asocial Club - Anticlubbing

Comme le nom du crew l'indique, les quatre loustics de l'Asocial Club ne sont pas particulièrement enthousiastes dès lors qu'on parle de quoi que ce soit de festif. Mais une fois n'est pas coutume, ils font l'effort de décrire une soirée en club. Et leur point de vue fait toute la différence. Ils sont consternés par à peu près tout ce qui les entoure : les comportements des ivrognes, le physio, le prix des consommations, la musique, les filles. Mention spéciale au « on se disperse dans la boîte comme des émeutiers ». Pour ceux qui se poseraient la question, oui, c'est bien l'acteur de Bonjour Tristesse qu'on peut voir en « héros » du clip.

 

 

La Caution – Aquaplaning

Petite incursion dans le tragique avec le morceau des frangins de La Caution qui s'attarde sur une soirée à l'issue fatale. Tout débute comme un énième son décrivant une soirée en boîte, sauf que l'un s'alcoolise plus que de raison. Du coup, sur le chemin du retour, il perd le contrôle du véhicule et c'est l'aquaplanning du titre, précédé par l'instru qui s'emballe pour mieux suivre la panique totale des personnages. Parce que celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas. Et c'est pourquoi il est beaucoup plus simple de jamais passer son permis.

 

Abis – J'm'en bats les reins du 31

Un autre incontournable, bien que moins connu par rapport à ses prédécesseurs. Abis décrit une soirée ghetto avec une bonne humeur qui change tout. Outre son sens de la formule du MC, et l'ambiance festive mâtinée de système D assumé, le clip se pose là également, avec les danseuses sur des poubelles en guise de podium, le réveil en plein après-midi sous les reproches du paternel, la mission invasion chez une fille qui elle, « a l'appart » (le Graal, rappelons-le)... Le rappeur a d'ailleurs fait ce qu'on peut presque considérer comme une suite à ce morceau avec Calmement.

 

Orelsan – Soirée Ratée

Celui qui avait axé son premier album sur une image de loser plein d'autodérision ne pouvait faire l'impasse sur une étape majeure du concept « perdu d'avance » : la fameuse soirée ratée. Tout y est : le héros qui ne tient pas l'alcool, danse « comme un nase », est un mauvais dragueur qui ne ramène jamais personne chez lui, n'a pas assez d'argent pour les consommations... Et enfin, ce tabou finalement brisé « ça se passe jamais comme dans les clips, je connais personne qui rentre en boîte en équipe ». Il était temps que quelqu'un l'admette.

 

TSN - J'suis F 

Autre grand classique, J'L'Tismé du groupe TSN (Tout Simplement Noir) nous raconte un réveil particulièrement laborieux. Se retrouvant seul sur un banc, il se remémore une sacrée soirée où, fatalement, tout ne s'est pas passé comme prévu. Biture un peu trop poussée, embrouille, échec total au point que ses potes l'ont déposé sur un banc public. Après le flashback, le bonhomme se décide à rentrer péniblement chez lui, toujours aussi peu sûr de ses mouvements. Que celui qui n'a jamais eu de gueule de bois lui jette la première pierre. Le morceau nous offre également une perle de sagesse avec le philosophique« Ce qui est fait est fait donc il n'y a plus rien à faire » en guise de commentaire une fois que les souvenirs se font plus nets. Mais ça n'a pas empêché le dernier couplet de s'achever sur un bruitage de vomi.

 

 

Bonus : Three Six Mafia featuring Tech N9ne - Shots after shots

Petit bonus de la part des américains de Three Six Mafia. DJ Paul Juicy J et Tech-9 (qui n'apparaît pas dans le clip) se la jouent clairement Very Bad Trip sur ce coup là. Comme le titre l'indique, ici l'important est de s'amuser le plus possible quelles que soient les conséquences. D'où une vidéo qui va à fond dans la démesure avec une soirée adulte qui pourrait être un prequel de Projet X : les femmes se lâchent, tout le monde est bourré (et plus si affinités), la maison finit dans un état proche de l'apocalypse, les rappeurs n'ont quasiment plus aucun souvenir de ce qu'il s'est passé... Bonne année !

 


 

Photo : Kelymin

Par Yérim Sar / le 05 janvier 2016

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