10 DJettes qui agitent les dancefloors sur la planète

Par Eloïse Bouton / le 19 août 2015
10 DJettes qui agitent les dancefloors sur la planète
Le hip-hop est un univers souvent viril où il n'est pas toujours facile de s'imposer au micro pour une femme et c'est peut-être encore plus vrai derrière les platines. Voici pourtant une liste de dix femmes qui ne se laissent pas marcher sur les pieds et font tourner le monde du rap.

Il est bien loin le temps des premières block parties organisées par Kool Herc en bas de son immeuble du Bronx au début des années 70. En 40 ans, scratches, breaks, et boucles ont envahi les clubs hip-hop du monde entier. Dans cet univers hyper viril, les femmes DJs, moins payées, souvent critiquées pour leurs goûts musicaux et rarement productrices, demeurent cachées.

Néanmoins, la situation a évolué grâce au succès de précurseurEs telles que DJ Jazzy Joyce, DJ Wanda Dee (membre de la Zulu Nation et première femme DJ présente sur la bande originale de Beat Street en 1984) ou plus récemment DJ Cocoa Chanelle et DJ Beverly Bond. Voici une petite liste de DJettes hip-hop qui agitent les dancefloors depuis des années et qui montrent que les filles ne sont pas des billes. 

 

Anaïs B

Après avoir fait ses armes à New York où elle rencontre Rashida (DJ de Prince, Kelis, Cee-Lo et Pharrell Williams), cette ancienne bookeuse d’origine germano-sénégalo-guadeloupéenne pose ses valises à Paris. Forte de son apprentissage intensif, l’artiste française investit les clubs branchés de la capitale (Le Queen, Le Titty Twister, La Favela Chic, Le Wanderlust, Le Versus, Le Prince, La Cantine…) qu’elle inonde de ses beats électro hip-hop. Désormais DJ de l’émission Talent Street sur France Ô, télé crochet dédié aux arts urbains, Anaïs B vient de sortir une nouvelle mixtape au début de l’été intitulée Huh Huh Bound 1.

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S-One

Artiste autodidacte originaire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), S-One découvre le hip hop au début des années 90 et se lance sur la scène parisienne en 2010 après des années passées à trifouiller ses platines. Membre active de la Holdup Team, collectif composé de rappeurs, beatmakers, graffeurs, et danseurs hip hop qui organise des ateliers thématiques et artistiques auprès de jeunes publics, la DJette française mêle des sonorités de différentes époques avec pour chouchous Cut Killer, Dee Nasty, DJ Pone et DJ Premier.

 

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Olivia Dope

Qui aurait cru que cette vendeuse dans un grand magasin de Manhattan, un temps SDF, mixerait un jour pour Lil’ Kim ou Russell Simmons et deviendrait une incontournable du clubbing new-yorkais ?  Danseuse classique de formation, Oliva Dope (dont le pseudonyme fait référence au personnage d’Olivia Pope dans la série Scandal) se frotte pour la première fois hip hop en tant que back dancer pour Chris Brown et Shaggy. Accro à la pop culture et au vintage, la scratcheuse affectionne particulièrement le new jack swing (époque Teddy Riley) et conçoit le deejaying comme un engagement musical et visuel.

 

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K-Sly

Première DJette d’origine asiatique reconnue sur la scène internationale, K-Sly déclenche des émeutes de twerk dans chaque club où elle passe avec son cocktail agressif de funk, rock, house et old school. Membre du collectif Violator All Star DJs, la DJette licenciée en sociologie et née à Séoul a animé des soirées en Russie, en Chine, en Indonésie et en Australie avant d’être intronisée à Los Angeles. En 2012, elle se retrouve en finale de la deuxième saison de Master of the Mix, émission de télé-réalité américaine et compétition de DJs diffusée sur la chaîne câblée Centric. On la retrouve aux platines lors d’un concert VIP de Jay Z, de tournées d’Outkast ou à de soirées privées chez Forest Whitaker.

 

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DJ Eque

C’est d’abord par son physique que DJ Eque séduit Luther Campbell sur le tournage d’un clip dans les années 90 qui la gratifie d’un « You’re too pretty to be a DJ ». On pourrait penser que ça commence mal... Heureusement, le rappeur est également frappé par la dextérité de la DJette, qui anime des soirées locales et des fêtes étudiantes depuis des années, et l’embarque sur sa tournée mondiale. De retour à Los Angeles, Eque crée l’émission The G-Spot, diffusée sur la radio 100.3 The Beat, avec The Lady of Rage, protégée de Dr Dre à l'époque Death Row, et la rappeuse The Poetess. Eque figure dans le clip Wanksta de 50 Cent et mixe pour P. Diddy, R. Kelly, Macy Gray, Stevie Wonder, Mariah Carey ou Eve.

 

Le site de DJ Eque


 

 

Spinderella

On ne la présente plus. Avec plus de quinze millions d’albums vendus dans le monde, Deidra Roper (ou Dee Dee Roper) aka Spinderella fait office de DJette pionnière sur la scène internationale. Elle intègre le mythique trio Salt-N-Pepa à l’âge de 16 ans avec qui elle sort  les tubes Push It, Shake Your Thang, Let's Talk About Sex, Shoop et None of Your Business, qui leur vaut le Grammy de la meilleure performance rap en 1995. Séparé en 2002 et reformé en 2007, le groupe se produit aujourd’hui dans des festivals. Après plusieurs apparitions au cinéma et à la télévision, la rappeuse/auteure/DJ de 44 ans scratche depuis plus de vingt ans en 2015.



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DJ Lazy K

Née au Mexique, DJ Lazy K (Karina Toliver) se forge d’abord une réputation de turntablist en concoctant des compilations maison pour ses copains d’école. Alors qu’elle anime de plus en plus de soirées et sort ses premières mixtapes, elle participe à un battle de deejaying où elle gagne 28 duels d’affilée face à des hommes. Il n’en fallait pas moins pour gagner le respect de ses pairs. Une fois la barrière du genre franchie, elle fonde le collectif Murda Mami Entertainment, avec les rappeuses Rah Digga et Remy Ma, et travaille notamment avec The Roots, Jay-Z, Mobb Deep, Ghostface Killah, Nelly, Lil’ Kim et Jadakiss. Aujourd’hui, elle s’attache à dénicher de nouveaux talents qu’elle propulse hors de l’univers underground des mixtapes.

 

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Leecy T

Leecy T développe très tôt une obsession pour tous styles de musiques en farfouillant dans des vinyles de Mozart, AC/DC, George Clinton et des Beastie Boys empilés dans le garage familial. Une formation en deejaying auprès du producteur M-TRI la catapulte sur scène, où elle se produit avec Rah Digga, Eternia, Large Professor, Dana Dane ou Grand Master Caz. Parallèlement à une carrière express de mannequin, la DJette reçoit moult récompenses et se voit confier l’animation de plusieurs émissions de radios à New York. Elle prépare actuellement un album avec son acolyte de longue date M-TRI.

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DJ Leydis

 

Née à Cuba, DJ Leydis cofonde Omegas Kilay en 2005, collectif de théâtre hip hop basé à La Havane, qui présente les travaux de nombreux artistes locaux tels que Danay Suarez, Nono, La LLave De IPG, La Negra, et Las Krudas. Avec son partenaire DJ Yari, elle lance la première compilation 100% féminine à Cuba et se consacre un temps au spoken word. Devenue porte-parole de la culture hip hop cubaine, elle profite de ce statut pour dénoncer, sur fond de sonorités latines, R&B et reggae, l’embargo des Etats-Unis contre Cuba qui entrave les échanges culturels entre les deux pays. Elle déménage en banlieue de San Francisco en 2006 et collabore notamment avec Erykah Badu et ?uestlove.

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DJ Lady Style

Deux ans de pratique intensive du deejaying auront suffi à DJ Lady Style pour émerger. Découverte par Youssoupha au milieu des années 2000, la jeune artiste accompagne le rappeur en tournée sur trente dates en 2007. L’année suivante, elle devient le DJ officiel de Kayliah et se fait repérer par Skyrock qui lui confie l’animation de la soirée de concerts Urban Peace 2008 au Stade de France. Réussir à agiter une foule de 50 000 spectateurs lui ouvre des portes et sa petite touche de sons orientaux/dancehall séduit les plus grands clubs. La DJette passe désormais la majorité de son temps sur les routes d’Europe.

 

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DJ Zeyna

   

Pas facile de citer le nom d’un DJ sénégalais, encore moins celui d’une DJette sénégalaise. Et pour cause. Au Sénégal, les prétendantes au deejaying se retrouvent souvent écartées du chemin hip hop par leur communauté. Pour sa part, DJ Zeyna, Seynabou Ndoye de son vrai nom, a eu la chance de recevoir le soutien de ses parents, lui permettant de devenir la première DJette sénégalaise. La jeune artiste diplômée de la Hip Hop Akademy, école dénicheuse de jeunes talents située en banlieue de Dakar, se heurte à l’hyper-masculinisation de ce milieu lors de sa participation au concours international de DJs Battle Mix Up, où elle est la seule femme en lice. Elle remporte néanmoins la compétition, devenant une icône pour de nombreuses femmes.

 

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Photo fleuve : K-Sly par Bump &Grind

 

Par Eloïse Bouton / le 19 août 2015

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